« Non, un élève en situation de handicap n'est pas, par définition, un élève perturbateur », rappelle le président du Collectif handicaps, dans un courrier adressé le 29 avril à la ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet.
Arnaud de Broca y exprime l' « indignation » des associations après les propos tenus par la ministre lors de l'émission « les 4 vérités », diffusée sur France 2, le 22 avril.
Ce jour-là, la ministre avait indiqué qu' « un élève (...) [pouvait] être perturbateur parce qu'il a des difficultés physiques ou parce qu'il a un handicap » et que, « dans ces cas-là, nous avons des réponses adaptées, soit nous mettons en place un assistant d'éducation handicap, soit nous avons des dispositifs spécifiques de prises en charge ».
Pour le Collectif handicaps, « ce propos stigmatisant et discriminant marque une profonde méconnaissance des handicaps ». Il rappelle qu'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) « n'est pas une solution pour un élève perturbateur mais bien un professionnel qui accompagne le parcours de scolarisation d'un enfant selon ses besoins, au nom du droit à la compensation du handicap ».
Il juge en outre que « ces amalgames ne font que consolider les discours décomplexés de certains syndicats, ouvertement anti-école inclusive ».
De même, le collectif d'associations « Ma place, c'est en classe » (Anpea, APF France handicap, Asei, Droit au savoir, FCPE, Fisaf, Fnaseph, Peep, Fédération des PEP, Gapas, Trisomie 21 France, Unanimes) condamne cette sortie et invite la ministre à « s'attaquer aux causes de [la] stigmatisation [des enfants handicapés] ».
Et alors qu'un comité interministériel du handicap (CIH) est prévu mi-mai, ces associations appellent Nicole Belloubet à « clarifier sa vision de ce chantier et l'ambition qu'elle entend lui donner ».
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